Lisbonne story
![]() Lisbonne est cette ville de bout du monde qui offre au promeneur mélancolique la possibilité de se complaire dans ses légers tourments. Une capitale déchue où rougeoient encore les cendres d'un empire disparu et qui ne se donne qu'à ceux qui acceptent de s'y perdre. Dans les ruelles escarpées de l'Alfama, le flaneur pourra alors jouer à être Pessoa, se sentir comme lui "toujours à la veille de ne partir jamais". Il s'y sentira moins triste qu'inconsolable. Avec ses charmes désuets de cité sur laquelle glisse toute idée de modernité, Lisbonne est une ville profondément littéraire et métaphysique et on ne s'étonne pas du nombre de poètes locaux qu'elle inspire - au Portugal la versification est d'ailleurs un sport très prisé. Franck Darcel en fait le lieu de l'intrigue de L'ennemi de la chance - dont le titre est inspiré d'un texte d'Amalia Rodriguès - dans laquelle un jeune photographe belge se transforme en enquêteur, prétexte à une variation sur la vile et l'âme portugaise. Pour ce qu'on en a lu (et c'est très peu) Darcel semble échapper à l'emphase à laquelle invite la capitale portugaise -et dans laquelle je me vautre depuis un feuillet : "Lisbonne semblait être la dernière capitale européenne à avoir échappé à une certaine forme de rationalisme. Ici, on arrivait systématiquement en retard, et on ne savait pas forcément ce que l'on ferait le mois prochain, ni où l'on serait. Cela me plaisait énormément. Ajoutez à cela le prix très abordable des consommations, courses en taxi, plats de morue et le fait que la plupart des gens croyaient vraiment que Sain-Antoine veillait sur la ville et vous obtenez une sorte de Paradis". Il dit aussi que cette ville qui vous envoûte est la seule portugaise à se laisser aisément séduire - mais ce n'est pas tout à fait vrai. Lisbonne révèlera t-elle le meilleur d'un romancier ? Réponse sur le mag livres, un de ces jours. Illustration : Alfama chaos par Adalberto Tiburzi L'ennemi de la chance Franck Darcel ( pour les connaisseurs d'underground français, mélancoliques eux-aussi, Darcel fut le guitariste de Marquis de Sade au tout début des années 80) Flammarion Commentaires
De Montsé, posté le 19.01.07 à 14:54
![]() @ E. As-tu joué à être Pessoa ? "Il dit aussi que cette ville qui vous envoûte est la seule portugaise à se laisser aisément séduire - mais ce n'est pas tout à fait vrai- C'est toi qui le dit, E, que ce n'est pas vrai ?? De easywriter, posté le 19.01.07 à 15:13 ![]() En voilà une question indiscrète! Mais oui j'ai joué les aspirants versificateurs dans cette bonne vieille ville, un carnet de moleskine à la main. J'écoutais des fados hors d'âge chanté par des types en jogging, stars à trois patés de maison autour de chez eux, tout ça dans des bars éclairés à la bougie. On aurait pu toucher les étoiles, et dans les bras d'une jeune lisboète j'ai même eu la chance de contempler des cieux autrement éloignés... voilà. confessions intimes est terminée De Montsé, posté le 19.01.07 à 16:54 ![]() Je me suis fait un resto mardi midi Place de la Nation. J'étais toute seule et j'ai écrit. Ca m'a rappelé ma jeunesse à Barcelone. Je faisais pareil : de longues heures attablée dans les terrasses de café à observer les passants et surtout à correspondre avec les amis et la famille restés en Belgique. J'adorais !!!! De easywriter, posté le 19.01.07 à 17:47 ![]() Belle occupation en effet. j'adore écrire des lettres de cette façon aussi ;) De Montse, posté le 19.01.07 à 17:58 ![]() Je savais bien que nous étions fait pour nous entendre !!! ![]() De marc, posté le 21.01.07 à 18:13 ![]() Lisbonne, la seule ville qui a du poil sous les ponts ! Ajouter un commentaire |
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