La fois où les x-men furent bons
Il faudra attendre les années 1970 et l'arrivée au scénario de Chris Claremont pour que ce titre de seconde zone devienne le plus vendu du marché. Outre le fait d'avoir beaucoup mieux exploité la métaphore des mutants comme minorités oppressées, il a surtout transformé le titre en une sort de soap opéra bourré d'action et de mélodrame. Pendant quelques années les x-men furent un excellent comic book, ce que les super héros avaient de mieux à offrir, mais la déclinaison ad nauseum de la même recette devint lassante, et le titre se transforma en franchise et en vache à lait plus marketée que scénarisée, assujetti à un public de fans geeks fidèle mais vieillissant et totalement fermé aux nouveaux entrants. Quand malgré le succès des films Marvel ne vit aucun nouveau lecteur arriver, l'impasse dans laquelle les x-men se trouvaient devint apparente et le scénariste Grant Morrison fut appelé à la rescousse en 2001. Plus connu pour son travail sur des titres absolument pas mainstream comme Doom Patrol ou The Invisibles, Morrison accomplit un travail admirable, voyant clair à travers des années de marasme et de rebondissements souvent contradictoire, il parvint à reconnaître ce qu'il y avait de bon dans le concept original et à réarranger en quelques pages les éléments de façon à les présenter plus clairement et avec plus de justesse qu'ils ne l'avaient jamais été. Il fit abandonner aux x-men leurs costumes de super héros et leurs identités secrète, transforma l'institut Xavier en véritable école, fit des mutants une véritable minorité visible, avec sa culture, ses ghettos et ses stars. Surtout il rendit le livre drôle et excitant, accessible aux nouveau lecteur et modernisa un grand coup sa narration avec l'aide de l'exceptionnel dessinateur Frank Quitely. Certains se plaignirent de n'avoir que du Morrison "light" pendant les trois années qu'il passa sur x-men, mais s'il n'y a effectivement rien de bien trash ni aucun concept de science fiction semi incompréhensible dans son run, il a tout de même su glisser dans cet emballage pop quelques réflexions pas stupides sur l'évolution et la révolution. Panini a enfin publié le troisième volume de l'intégrale de son travail sur x-men, et dans ce format apparaît toute l'intelligence du scénario, qui gagne beaucoup à la relecture. Ce format est d'autant plus adapté que Marvel à dès le départ de Morrison entrepris de défaire tout ce qu'il avait fait et de retomber dans ses anciens travers. Il manque cependant l'épilogue de toute façon pas très réussi de Morrison, sans doute sera-t-il glissé au début d'un quatrième volume pour booster les ventes de celui-ci. X-Men (3 tomes) Grant Morrison, Frank Quitely Marvel Deluxe
Commentaires
De Bishop, posté le 24.02.07 à 18:55
![]() Et House OF M vint tout tuer.... De dex, posté le 25.02.07 à 15:37 ![]() Et oui, après avoir viré Claremont ( c'était nul, donc perte de lecteur....) marvel a eut la grande intelligence de le faire revenir...dommage.... heureusement, Morrison nous a sorti d'autres chef d'oeuvres depuis.... ( WE 3 !! ) De aegirsson, posté le 26.02.07 à 09:32 ![]() personnellement, meme si morrison à un réel talent et si il y avait plein de bonne idée exprimer durant son passage sur les x-men, je fais parti de ce qui n'ont pas du tout aimée ce qu il a fait durant son passage dans cette serie, je prefere le voir oeuvrer dans d'autres "lieu", par contre , c'est sur que les x-men sont une serie moribonde, depuis bien longtemps, dont il y a rien à attendre ou esperer, et ce n'est surement pas "house of m" et consort qui changeront cela bien au contraire, là,on croirait plutôt qu'ils essayer d'achever le moribond ,
Ajouter un commentaire |
Discussions en cours sur le forum livres :
|