Moon Lake Trails, les grands riens![]() Porcellino publie ses King Cat Comics depuis 1989 et en est à son soixantième numéro outre atlantique. Au départ composé de BD humoristiques tendance punk, King Cat a évolué vers l'autobiographique-zen, principalement des anecdotes insignifiantes étonnamment profondes. Moon Lake Trails est la première publication de son travail par chez nous et rassemble principalement des histoires de l'enfance et l'adolescence de l'auteur. C'est sans doute tout au crédit de celui-ci qu'on éprouve les plus grandes difficultés à décrire son travail sans parler "d'effleurer l'instant" et autres "petits riens" car pourtant, malgré le dépouillement du dessin, les séquences consacrées à l'observation de la nature et l'absence de toute subtilité apparente, les BD de Porcellino sont profondes et pas vides ou superficielles. Dans un de ses livres, Scott McCloud expliquait sa théorie selon laquelle en simplifiant le dessin des visages on pouvait renforcer l'identification du lecteur, qui dans la vie courante n'a de son propre visage qu'une image mentale très schématique créée à partir de la tension des seuls muscles qu'il bouge, ceux des yeux et de la bouche. Le dessin minimaliste de Porcellino exploite ce filon en l'appliquant non seulement aux visages mais aux corps, aux routes, aux voitures, aux arbres et aux oiseaux. On n'a pas besoin de voir chaque feuille pour savoir ce qu'est un arbre, et il en va de même pour les détails des histoires qu'on nous raconte. Moon Lake Trails est une de ces oeuvres qui repose en grande part sur ce que vous lui apportez. Bien sûr, vous pouvez aussi garder votre argent et essayer de jouir de votre expérience tout seul mais, j'ai essayé, c'est beaucoup moins facile. Et puis le bon côté c'est que cette BD fait partie des rares ouvrages qui gagnent en profondeur rien qu'en restant entreposé sur vos étagères. Moon Lake Trails John Porcellino Ego Come X Commentaires
De Docteur C, posté le 08.01.07 à 10:22
![]() Oui enfin on avait pu découvrir Porcellino en France dans les années 90, grace à Lolmède qui avait poussé à sa publication dans le Simo, une petite revue de BD que tu ne connais sans doute pas. L'histoire de la perte de son couteau suisse fétiche m'avait marqué, notamment. N'empêche c'est fort, Porcellino, Ego comme X assure une fois de plus sur le coup. De 2goldfish, posté le 08.01.07 à 10:34 ![]() Ouh lala, les années 90, mais j'étais pas né mon bon monsieur ! Merci de la précision. Ajouter un commentaire |
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