Neil Gaiman et Barbie sont sur un rêve.... Tome 5 de la série des Sandman (passée, sans préjudice, des éditions Delcourt à Panini), ce Game of You très vilainement traduit en "Jouons à Etre toi", est l'un des sommets de la saga imaginée par Neil Gaiman. Pour ceux qui ne connaitraient pas Sandman, rappelons que cette série sortie dans les années 90 est considérée aujourd'hui comme l'un des chefs d'oeuvre de la BD moderne, au même titre que les histoires d'Alan Moore dont nous parlons assez souvent. Neil Gaiman s'est "reconverti" depuis et principalement dans l'écriture romanesque, recevant dans ce domaine le même concert de louanges que lorsqu'il officiait en qualité de scénariste. Profitons en également pour rappeler que le DVD de Mirrormask, film d'animation graphique réalisé avec l'illustrateur et dessinateur Dave Mc Kean( qui signe les couvertures de Sandman) est sorti il y a un mois et fait aussi un beau cadeau pour les Fêtes.Dans Sandman 5, revenons-y tout de même, une jeune femme appelée Barbie et ex-copine d'un dénommé Ken (!), belle, blonde et un peu cruche, va être embringuée dans une aventure extraordinaire, gothique et terrifiante dans un monde onirique et cauchemardesque qu'elle a elle-même inventé. "Jouons à être toi" est un Alice au Pays des Merveilles de la dézingue, un Magicien d'Oz pour les grands, un Peter Pan écrit par Lou Reed où l'on croise des serialkillers, des traîtres, des mauvais trips et des putes : Barbie part, à l'aventure, à la recherche du méchant Coucou avec ses voisines de palier, un couple de lesbiennes, un oiseau, tandis que le cadavre d'un autre voisin est gardée par un transexuel chevaleresque. L'originalité de l'histoire tient sur la rencontre entre la réalité de notre monde (les problèmes de couple, d'identité, de fric, les mythologies ordinaires, la violence, la misère...) et la représentation de nos rêves et leur effondrement. Le voyage de Barbie est évidemment un voyage à l'intérieur de son imaginaire, dévoilant un personnage ordinairement schizophrène au sein duquel s'est développé un parasite réinventant les souffrances et les déceptions de la Barbie terrestre. Jouons à Etre toi est aussi, en plus de cette histoire d'aventure intérieure, un plaidoyer en faveur des différences physiques, sexuelles et plus largement humaines. En composant sa troupe de freaks, Gaiman met en chaque personnage une aspiration à l'harmonie qui, dans le tumulte, apparaît comme le seul point commun entre les êtres. L'homme chez Gaiman a rabaissé ses ambitions. Il n'aspire pas au pouvoir, pas à la domination, pas à l'excellence, pas à l'épanouissement. Ce qu'il souhaite, c'est un peu de paix et de tranquillité pour déposer ses peines et soigner son ennui. En cela, Sandman et son roi des rêves, au physique de Robert Smith rachitique, sont d'une modernité imparable.Par delà son dessin composite (plusieurs dessinateurs sur chaque cycle et un choix de couleurs déconcertant), Sandman émeut au delà de toute mesure. Parce qu'il compose une nouvelle mythologie du Moi, de sa duplication et de sa réflexion permanente, tout en jouant avec l'imagerie gothique et la fascination morbide de notre adolescence, il devient un parfait trampoline pour l'autoanalyse et l'évasion. Jouons à Etre toi Neil Gaiman Commentaires
De luv, posté le 30.11.06 à 20:41
![]() Bétises gotthiques. Le dessin est à chier et l'histoire ne vaut pas spirou. C'est pas parce que tout le monde dit que c'est bien qu'il faut le croire. Sandman j'en ai lu un j'ai compris. Un truc de corbeau pour ados boutoneux et suicidaire. De 2goldfish, posté le 01.12.06 à 13:10 ![]() Curieuse opinion. Pour moi, Sandman, c'est même pas si gothique que ça, passé l'apparence qu'adopte parfois le personnage. J'imagine que ce n'est pas l'épisode sur Le Songe d'Une Nuit d'Eté que tu as lu. De Abie, posté le 27.01.07 à 18:36 ![]() Je suis tellement enthousiasmée par The Sandman que, dans mon aveuglement, j'ai d'abord pris le commentaire de luv pour du deuxième degré... J'ai dévoré toute la série (plus les deux Death) aussi vite que j'ai pu les trouver, et les histoires ne me quitteront pas de sitôt, bien que j'ai passé l'âge d'être "ado boutonneuse et suicidaire". Terry Paratchett as pris la Mort comme personnage d'un de ses romans, et c'est vraiment tout sauf dépressif ou suicidaire! Luv, as-tu lu du Gaiman romancier? nouvelliste? si oui, qu'en penses-tu? Un commentaire plus complet sur mon globe. De dongeo, posté le 02.02.07 à 20:22 ![]() Le reve et la misere Ajouter un commentaire |
Discussions en cours sur le forum livres :
|