Livres : actu romans, essais et bd, extraits... blog Mille feuilles.

Fêtons l'Europe en poésie avec Antoni Grabowski

Posté par Myosotis le 20.11.09 à 14:04 | tags : elucubration, poésie

Je parierais un bras (ou un doigt mineur) que 90% (je suis sympa) des gens ignorent tout d'Antoni Grabowski. A l'heure où l'on vient de désigner Van Rompuy, pour le meilleur et pour le rire compte tenu des circonstances, comme une sorte de Président de l'Europe (au rabais), il était tout naturel de revenir rapidement sur l'oeuvre poétique d'un des premiers Européens de la poésie.

Antoni Grabowski est un homme du XIXème siècle (il est mort en 1921), polonais, ingénieur chimiste de formation, connu surtout pour avoir été le "père de la poésie en Espéranto". On pourrait débattre longtemps de l'intérêt de cette langue vivante... morte, des promesses qu'elle suscita en son temps et des limites évidentes qu'elle rencontra très vite. Grabowski crut au pouvoir de l'espéranto toute sa vie durant (il parlait lui-même une trentaine de langues couramment d'après la légende) et plus encore et par dessus tout au pouvoir des mots, ce qui tombe bien, parce que cela définit assez bien la poésie. Grabowski fit beaucoup de traduction et composa quelques poèmes directement en espéranto.

Exemple de choix avec son jour de pluie et démonstration simplissime. L'Espéranto, c'est comme l'Europe. Ca sonne bien quand on le lit mais franchement on n'y comprend pas grand chose.

La Pluva Tago

La tago malvarma, malgaja,sensuna;
Ne haltas la ventoj kaj pluvo aûtuna;
Vinujo je l' muro putranta sin tenas,
Sed ĉiu ekblovo foliojn deprenas,
Kaj la tago-malvarma, sensuna.

Mia vivo malvarma, malgaja, sensuna:
Ne haltas la ventoj kaj pluvo aûtuna;
Miaj pensoj sin tenas je tempoj pasintaj,
Sed falas en vento esperoj velkintaj,
Kaj la tagoj - malvarmaj, sensunaj.

Ekhaltu, ho, koro malgaja, ne plendu!
Post nuboj la suno radias - atendu!
Ne sola vi tiel kun sorto hatalas,
En la vivon de ĉiu la pluvo ja falas,
Kelkaj tagoj - malvarmaj, sensunaj.




Sarkozy veut faire entrer Albert Camus au Panthéon

Posté par Céline le 20.11.09 à 10:36 | tags : news

On en a déjà beaucoup dit sur la relation passionnée qu'entretient le président Sarkozy avec la littérature. Ses interventions à ce sujet, qui passent rarement inaperçues, tantôt désolent les gardiens de belles lettres, tantôt les font rigoler. La dernière en date, révélée hier dans Le Monde : Sarkozy veut faire entrer Camus au Panthéon.

 

"Ce serait un symbole extraordinaire", a-t-il affirmé à Bruxelles. Mais encore : "j'ai pensé que ce serait un choix particulièrement pertinent". Sans doute parce que, le 4 janvier 2010, cela fera 50 ans que l'auteur de La Peste et de L'Etranger est mort (un accident de voiture). Sans doute parce que Jacques Chirac a bien fait rentrer André Malraux, lui, en 1996. Sans doute par qu'un président peut penser que pour devenir un grand homme, il est tactique de commencer par en glorifier un autre.

 

Après tout, Camus reçut également le prix Nobel de littérature (1957), alors il n'y a pas de raison. Ou plutôt, si. Il y a toujours tout un tas de raisons, et c'est bien d'ailleurs ce qui en inquiètent déjà certains. Olivier Todd, biographe de Camus, a déjà affirmé, ce matin sur France Inter, espérer que la famille de l'écrivain n'autorise pas cette "récupération". Pour Michel Onfray, qui a réagi sur Bibliobs, Camus est "un libertaire irrécupérable". Ne s'approprie pas l'image de l'homme révolté qui veut.







Extradition de Cesare Battisti : Lula doit trancher

Posté par Céline le 19.11.09 à 15:24 | tags : news, société

Dans la série des écrivains les plus recherchés du monde, Cesare Battisti occupe une place tout à fait singulière. Des années que l'Italie réclame l'écrivain, ancien militant de gauche italien, qu'elle a condamné en 1993 à la réclusion à perpétuité pour quatre « homicides aggravés ».

 

En janvier 2009, Battisti a obtenu le statut de réfugié polique au Brésil après que la France, où il vivait depuis des années, a finalement signé un décret d'extradition.
Mais les autorités italiennes, qui voit en lui un terroriste assassin et le symbole des terrifiantes années de plomb, ont finalement obtenu, après de longues délibérations, gain de cause auprès de la Cour suprême du Brésil. Mercredi 18 novembre, celle-ci s'est prononcée en faveur de l'extradition (5 voix pour, 4 voix contre).
C'est toutefois au président Lula qu'il revient de prendre la décision finale : choisira-t-il ou non d'extrader l'écrivain, terroriste pour les uns, persécuté pour les autres ? D'un côté, la pression de Silvio Berlusconi, pour qui une extradition représenterait une « victoire de l'Italie ». Mais aussi, comme le souligne Le Monde, celle de Massimo D'Alema, ex-membre du Parti communiste italien et candidat au poste de haut représentant aux Affaires étrangères de l'UE.


Pour la majorité des Italiens - les proches des victimes du terrorisme les premiers - Battisti doit purger sa peine sur le sol italien. Le frère de l'écrivain, Domenico Battisti, continue lui à proclamer l'innoncence de son frère, qui a commencé une grève de la faim la semaine dernière. Si l'extradition est définitivement prononcé, c'est, selon lui, "un cadavre qui rentrera en Italie".

 

Voir aussi : le diaporama des écrivains les plus recherchés

 

Illus. : Des militants prostestent contre l'extradition de Battisti devant la Cour suprême du Brésil, le 18 novembre 2009. Sur la banderole, en portugais : "Extrader Cesare, c'est moderniser l'inquisition".
© Eraldo Peres/AP/SIPA




Des lettres d'amour autographes de Mesrine aux enchères

Posté par Céline le 19.11.09 à 12:03 | tags : news

Avis aux collectionneurs de lettres autographes. Les 29 et 30 janvier 2010 sera exposé et mis en vente à Drouot Richelieu un ensemble de lettres autographes signées... Jacques Mesrine.

 

Adressées à Jocelyne Deraiche, sa maîtresse canadienne - surnommée Joyce, ces lettres sont signés Bruno, car c'est ainsi que l'appelait cette dernière. De 1973 jusqu'en 1978, Mesrine exprime dans cette correspondance son amour pour Joyce, évoque la parution de son livre (L'Instinct de Mort), ses procès, et, dans ses dernières lettres, la volonté de ne pas finir sa vie en prison. 73 d'entre elles sont agrémentées de dessins en couleur.

 

Lors de cette vente seront également proposés d'autres documents ayant appartenus à Mesrine ou à ses proches : photographies, télégrammes, dossier de presse, livres des photographies (de Mesrine, de Joyce ou de Sabrina, la fille de Mesrine), deux télégrammes que Mesrine envoya à Joyce alors qu'elle était en prison, un dossier de presse consacré à Mesrine et sa bande, livres dédicacés.

Prix de départ de l'ensemble : 60.000/80.000 euros.

Expositions publiques les 28, 29 et 30 janvier à Drouot Richelieu (infos)

 




Le prix Interallié 2009 pour Yannick Haenel

Posté par Céline le 18.11.09 à 14:05 | tags : news, prix, histoire

En 2007, il avait reçu le prix Décembre pour Cercle, roman semi-autobiographique qui mêle philosophie, découverte de la sensualité et réflexion sur la création. Cette année, c'est pour le récit Jan Karski (Gallimard) que Yannick Haenel se voit décerner un autre prix, l'Interallié cette fois.

 

Jan Karski retrace l'histoire d'un résistant polonais, "un juste" chargé d'aller prévenir les Alliés de l'extermination des Juifs en Europe, mais qui ne fut pas entendu et resta hanté toute sa vie par ce message non délivré. "Jan Karski pour moi est un témoin, non pas le témoin direct de la shoah, mais le témoin du fait que les Alliés aurait pu éventuellement faire quelque chose mais ne l'ont pas fait pour diverses raisons qui sont aujourd'hui discutés et discutables", explique Yannick Haenel dans un entretien avec Fluctuat.

Voir l'entretien vidéo avec Yannick Haenel




Edgar Hilsenrath reçoit le prix Mémorable 2009 pour Fuck America

Posté par Céline le 18.11.09 à 11:02 | tags : news, prix, roman

C'est à Edgar Hilsenrath et à son roman Fuck America, que vient d'être décerné le prix Mémorable, créé l'an dernier par le groupement de libraires indépendants Initiales pour valoriser un ouvrage injustement passé inaperçu.

 

Initialement publié en 1980, Fuck America raconte l'histoire de Jakob Bronsky, un émigrant juif arrivé à New York quelques années après la fin de la guerre, qui enchaîne les boulots précaires afin de pouvoir continuer à écrire. Le roman, écrit avec une verve qui évoque celle de Bukowski, a été redécouvert et traduit par les éditions Attila en avril dernier. Nous avions rencontré l'écrivain lors de son passage à Paris :

 

Au moment de sa sortie, Fuck America avait reçu un bon accueil de la part des libraires. C'est donc naturellement qu'il reçoit aujourd'hui le prix Mémorable, pour lequel concouraient également L'Italie à la paresseuse d'Henri Calet - sorte de gonzo des lettres françaises (Le Dilettante), et Au-delà du mal de Shane Stevens (Sonatine).



Numérisation : que propose le nouvel accord Google ?

Posté par Céline le 17.11.09 à 10:42 | tags : web, numérique, news

Présentée le 13 novembre dernier, la nouvelle version de l'accord Google redéfinit (un peu) les conditions de la numérisation de livres par le géant américain.


Un "jumelage".
Désormais, l'accord ne concerne plus que les pays partageant avec les Etats-Unis « un héritage juridique commun et une organisation du marché du livre similaire » : le Canada, le Royaume-Uni, l'Australie. Auteurs et éditeurs de ces trois pays se verront donc représentés auprès de l'organisme chargé de veiller à la bonne application de l'accord.

Et le reste du monde ? Google se dit prêt à travailler avec les ayants droit de tous les autres pays, y compris ceux des pays exclus de l'accord, afin de trouver des accords similaires. En attendant, Google continue de reproduire des extraits de livres numérisés sans autorisation préalable, en accord avec les bibliothèques universitaires américaines. « Nous pensons que le droit nous y autorise » indique Philippe Colombet, responsable de Google Livres pour les pays francophones, invoquant ainsi la notion de fair use au coeur du débat.

La fin du procès collectif. Libre désormais aux éditeurs et auteurs des pays non inclus dans l'accord d'intenter pour leur compte des procès aux Etats-Unis contre Google. Mais pas question cependant pour ces pays de prétendre au dédommagement prévu pour les livres numérisés sans autorisation (de 60 à 300 dollars par ouvrage), puisqu'ils ne sont plus concernés par l'accord qui en imposent les termes.

La gestion des oeuvres orphelines. L'autre proposition de cet accord concerne la gestion des droits des œuvres dont les ayant-droits sont inconnus. Les revenus générés par la commercialisation des œuvres orphelines seront mis sous séquestre pendant dix ans, puis reversés à des associations d'alphabétisation si les propriétaires ne sont pas retrouvés durant ce délai.

Pas d'accord. Mais la nouvelle proposition de Google est loin de remporter davantage d'adhésion que la précédente. L'Open Book Alliance, qui regroupe des rivaux de Google (dont Microsoft, Yahoo et Amazon), a ainsi déclaré dans un communiqué : « Aucune des modifications proposées ne semblent répondre aux défauts fondamentaux mis en avant par le ministère de la Justice et d'autres critiques qui ont un impact pour le public ». Le juge en charge de l'affaire devrait entendre les parties en février 2010. La partie n'est pas finie.




Belles étrangères 2009 : entretien avec Hannah Tinti, l'ensorceleuse (4)

Posté par Céline le 16.11.09 à 16:45 | tags : news, festival, premier roman

Hannah Tinti n'est pas seulement une jolie et mystérieuse écrivain. Elle est surtout une conteuse hors-pair qui, avec son premier roman, Le Bon Larron, marche dignement dans les pas de Dickens, l'un de ses auteurs favoris. A l'occasion du festival des Belles étrangères, nous avons rencontré cette passionnée du XIXe siècle, des grands espaces et des grandes aventures : elle nous raconte son enfance peu ordinaire à Salem, son amour pour les livres, son espoir de voir Johnny Depp incarner l'un de ses personnages à l'écran...

Lire l'entretien avec Hannah Tinti

 

Le Bon Larron en bref. Ren, douze ans, est manchot en plus d'être orphelin. Autant dire que le jour où un étranger qui se prétend son frère vient le demander à son orphelinat, il a vraiment tout à gagner. Peu importe que ce prétendu frère, Benjamin Nab, s'avère être non seulement un menteur, mais aussi un arnaqueur professionnel, qui l'entraîne bientôt dans une terrifiante cour des miracles. Sans préjugé - en raison sans doute de son propre handicap - Ren va apprendre à connaître les plus étranges personnages, et même trouver auprès d'eux l'affection qu'il lui manque... tout en travaillant, avec la bande de Benjamin, à mettre en place un obscur trafic de corps humains.

Extrait. "Ren releva le nez de son livre. Il voyait bien que Benjamin était impatient de tenter quelque chose de nouveau. Au cours de l'hiver, il avait raconté à Ren les différentes arnaques qu'il avait montées : se faire passer pour un capitaine au long cours, un médecin, un homme d'Eglise ; vendre des articles de catalogue qui n'arriveraient jamais ; fabriquer de faux testaments et de faux documents. Tous suivaient un schéma similaire : gagner les bonnes grâces du pigeon, procéder à un rapide transfert de propriété, puis quitter la ville le plus rapidement possible."

Rencontrez-la. Hannah Tinti fait notamment escale à Paris, à Bruxelles, à Aix-en-Provence et à Montpellier : Plus d'infos.




Poèmes pour l'identité nationale : la contribution de Joseph Myosotis d'Arbaud

Posté par Myosotis le 16.11.09 à 15:49 | tags : elucubration, poésie
Je n'y peux rien mais l'idée m'est venue ce matin. Si je veux être utile à mon pays, il me faut participer absolument au grand débat sur l'identité nationale qu'organise le noble et byzantin Eric Besson. Mais qu'ai-je à dire sur le sujet ? J'ai regardé l'Equipe de France ce samedi soir, j'ai fait mon service militaire, j'ai la peau blanche mais peut passer pour un bougnoule après 2 jours sans rasoir, je parle un français impeccable et je l'écris bien. J'ai écouté le nouvel album de Diam's et ai trouvé ça un peu fort et plutôt mal rimé. Est-ce que pour autant j'ai des idées sur l'identité nationale ? Pas sûr. Ce qu'il faudrait pour défendre la patrie, ce sont bien des poèmes. Il faut l'avouer, la poésie n'a jamais servi qu'à ça. C'est pour cette raison qu'elle a été inventée et pour cette raison qu'elle a été si longtemps plébiscitée. Rien de tel qu'un bon poème pour exalter l'amour de la patrie et de nos terres agricoles. Mais que dire ?

 

Je peux faire un poème d'amour, un poème de sexe mais PAS un POEME NATIONAL. Il faut trouver un bon angle et s'y tenir, des images originales et surtout du fond qui ne sonne pas trop con. Je ne voudrais pas qu'on m'associe sur le site du grand débat à un Sous Grand Corps Malade, voire à un petit corps sain(t) qui met des petits corsets aux idées étriquées, qui tricote et fricote avec les salauds. Allons voir ce qui s'est fait jusqu'ici. Je pense Barrès, Maurras, quand on savait encore composer des sonnets et puis balancer de grandes idées qui tuent en vers.

Parce que le Seine Saint Denis style et puis les Ndiaye Racaille qui mettent la France sur la paille, vaille que vaille, je m'en tamponne le corail (?), et mitraille la marmaille de contrebande. Ouais, c'est pas fameux. France en trance, je danse et balance ma panse, tu es ma chance depuis ma tendre enfance, tu me berces d'aisance (comme une fosse ?), France, ma France, en toi, ma lance s'engouffre et oups, trop tôt, venu quand j'y pense. Yo ! Ca ne va pas du tout. Pas le rythme. Pas le temps. Pas d'idées. Encore mieux se balancer un remix de Touchard.

Quand ouf ! Il n'y a jamais eu de poésie NATIONALE mais quasi exclusivement des poésies régionalistes. Oui, il faut être régionaliste pour faire des odes à la France, le félibrige, les basques, les bretons, provence, poètes picards. Ce sont les vrais poètes nationaux. Joseph d'Arbaud, poème de Camargue. Les chevaux, le delta, le Rhône. Voilà la France comme on les aime : des gitans, des étalons et de la verdure qui se jette dans la mer. Tour de passe-passe. Remplace Arles par une tare, remplace Provence par France et ma contribution est chaude : Eric Besson, mon traître adoré, ma contribution qui va te faire triper (à ta mode de cancre). Ma FRANCE remix par Joseph Myosotis et zou :

 

"Si un mélange abominable /et le désordre universel / n'emportaient pas notre Race / avec les races d'ailleurs ; / si la barbarie qui, à la porte / heurte, voilà plus de sept cents ans, / passait enfin au large / et respectait nos enfants,

À la fête de notre foi, / nous te conduirions, fer à taureaux, (JE N'AI PAS REUSSI A REMPLACER TAUREAUX !) / toi que maniaient nos ancêtres / de la Provence au pays ch'ti ; / toi qui, partout, aux jours de fêtes / fais retourner toutes les têtes / et palpiter les rubans / signal de la bagarre / et des battements de mains.

TRIDENT, ARME DE FRANCE / ARME DES CHEFS ET DES MARINS, / JE TE HAUSSE AU NOM DES CROYANCES, / SUR TA HAMPE DE CHÂTAIGNIER / Plus fier dans ma selle gauloise / qu'un jouteur sur le palier de la barque, / que souffle sur les salicornes / libyen, vent du large ou des monts, / je t'abreuverai du sang des pourceaux. " ("Pourceaux" est-il bien approprié pour désigner les étrangers qui envahissent not'bo pays ?)

 

L'original, dans ce très bel article critique dépasse évidemment ma pâle copie mais il faut contribuer et initier ici le GRAND CONCOURS DE POESIE NATIONALE pour goinfrer celui qui se tiendra désormais dans la 3ème fosse du 8ème cercle des enfers selon le maître Dante, l'ami Besson le Simoniaque, léché par les flammes, pendu par les pieds et n'ayant les jambes à l'air qu'au genou. A moins qu'au monstrueux monstre, n'aille mieux le 9ème cercle des traîtres (c'est ce qu'on dit de lui, non ?), pleurer des larmes de cristal qui forment sur ses yeux globuleux une congère magistrale. Oh non. La poésie nationale vivra et nous non.




Lyonel Trouillot reçoit le prix Wepler 2009

Posté par Céline le 16.11.09 à 15:01 | tags : news, prix

Le prix Wepler a été décerné aujourd'hui à Lyonel Trouillot, pour son roman Yanvalou pour Charlie.

 

Intellectuel et écrivain haïtien, Lyonel Trouillot dépeint dans son oeuvre la réalité haïtienne, abordant les thèmes de la dépossession et de la difficulté de survivre dans une société happée par la haine et les inégalités. Dans Yanvalou pour Charlie, il retrace l'histoire d'un avocat ambitieux, Mathurin D. Saint-Fort, rattrapé par ses origines le jour où Charlie, un adolescent en cavale natif du même village que lui, vient lui demander son aide.

 

Le jury du Wepler a également décerné une mention spéciale à Hélène Frappat pour son roman Par effraction, publié aux éditions Allia.



Belles étrangères 2009 : focus sur... Jack O'Connell (3)

Posté par Céline le 16.11.09 à 11:50 | tags : news, festival, polar

Dans les romans de Jack O Connell, les mots "déjanté", "gothique", "décapant" trouvent aisément - et intégralement - leur sens. L'écrivain, qui vient de publier Dans les limbes chez Rivages, a signé pas moins de cinq polars, qui tous retracent les aventures de Quinsigamond, vraie ville de fous inspirée de son Worcester natal. Invité au festival des Belles étrangères, O'Connell est donc un auteur que nous recommandons chaudement à tous ceux qui apprécient les fresques à la fois ténébreuses et hautes en couleurs.

 

En bref. Pharmacien dépressif et insomniaque, Sweeney débarque à Quinsigamond afin que son fils Danny, six ans et plongé dans un profond coma, y reçoive des soins spécialisés dans la célèbre clinique du docteur Peck. Mais ce n'est pas dans cette ville aux paysages industriels ruinés que Sweeney trouvera le sommeil et la paix. Entre des neurologues perchés, une infirmière aussi sexy qu'inquiétante, ou une bande de bikers shootés au liquide céphalorachidien des patients de la clinique, sur qui doit-il compter ? La réponse se trouve peut-être dans l'univers de Limbo, une bd sur des monstres qu'il lit et relit inlassablement, posté au chevet de son fils, jusqu'à en perdre la boule... (Lire la chronique de Dans les limbes)

Extrait. "Être un monstre, qu'est-ce que cela signifie ? Pour les monstres du Goldfaden, cela signifia au début, pendant une brève période, qu'ils étaient des stars. Ils avaient été triés sur le volet, assemblés au fil des années et des kilomètres par Tedeo Bluett, forain extraordinaire et héritier du Goldfaden Carnival, le premier - et peut-être le plus illustre - de tous les cirques itinérants de l'ancienne Bohême."

Rencontrez-le. Jack O'Connell fera plusieurs étapes dans le cadre des Belles étrangères (il rencontrera notamment le 16 novembre les détenus de la maison d’arrêt de Fleury Mérogis) : plus d'infos.




Pourquoi les pamphlets ne sont plus à la mode : remise du 4e Prix Anabet

Posté par Myosotis le 16.11.09 à 10:14 | tags : prix, essai, elucubration, news

Consacrant une ligne de leur collection (excellente et recommandable) à ce genre qui, s'il vend des livres en camion en librairie sous une forme abâtardie (le livre d'angle ou de témoignage, le livre de dénonciation à la De Closets), semble être à la fois passé de mode et marqué par sa grande médiocrité générale, les Editions Anabet décerneront le 19 novembre, le 4ème prix du pamphlet.

 

Jadis (on parle ici de la période qui va du XVIème siècle à 1968 en gros) très prisé des Français et des anglosaxons (tout aussi habile en la matière), le pamphlet est devenu avec l'essor du journalisme de masse et la création d'une caste d'intervenants médiatiques shortlistées (ceux qu'on retrouve de plateaux en plateaux), une chose aussi précieuse que rare. Distinct de l'essai par sa dimension polémique et souvent par son angle d'attaque incisif, le pamphlet est bref, violent et a pour fonction de soutenir un point de vue orienté dont l'auteur a la faiblesse de penser qu'il est évident (le point de vue) et paradoxalement partagé par aucun ou trop peu. C'est évidemment ainsi qu'on peut définir la chose : une idée qui saute aux yeux mais dont personne ne veut ou n'a encore voulu. On parle de lui comme d'une des armes de choix de la littérature de combat. C'est pour cette raison sûrement que l'ordre établi envoie ses plus fidèles soldats embouteiller les présentoirs des librairies au rayon Essais pour barrer la route des plus audacieux. Les autres fixent leur attention sur notre MiniRoi Soleil et cela suffit bien à tuer le débat avant même de le lancer.

Au rang des pamphlets, on trouve aujourd'hui plus d'ouvrages d'amuseurs publics et de téléphilosophes que de justes penseurs ou de chevaliers blancs. Patrice Bollon, l'un des principaux artisans du genre encore en droit de publier, nous le rappelait en entretien : tout ceci n'est pas facile. Ce ne sont pas les Tiqqun qui diront le contraire, même s'ils ont pu bénéficier par ricochet avec leur éditeur la Fabrique d'un regain d'exposition appréciable entre L'insurrection qui vient et les mésaventures de l'ami Coupat.

 

Les pamphlétaires de qualité souffrent et les idées étouffent avec eux. L'initiative d'Anabet a le mérite d'exister en plus de récompenser de bons ouvrages, ce qui ne manquera pas cette année compte tenu de la liste des livres figurant dans la sélection du prix. En 2008, Jean-Luc Nancy l'emportait avec Vérité de la Démocratie. En 2007, c'était Pascal Durand qui gagnait avec Les nouveaux mots du pouvoir : abécédaire critique. En 2009, on trouve dans la sous-rubrique "insurrection", les Tiqqun justement avec Contribution à la Guerre en cours ; un ouvrage salutaire de Jacques Rancière intitulé Le Spectateur Emancipé ; un bon boulot d'actualité sur les chiffres et les stats qui s'appelle "Le grand trucage - comment le gouvernement manipule des statistiques". En arts, Gérard Durozoi propose Ras le bol Warhol et Cie ! Contre la pauvreté des images. Et on en passe. Parmi ceux qu'on a lus et pas seulement feuilletés (le Rancière et le Tiqqun) dont on n'a pas parlé ici, petit avantage au Spectateur Emancipé pour son style et la rigueur de sa construction.

 

Pour se rassurer sur l'utilité de cette manifestation, on citera et on renverra à cette analyse de l'imbécile Paul Vermus dans France Soir, lequel explique que les sélectionnés sont tous des types inconnus (aucun Zemmour, Naulleau et autres au programme dit-il, quelle merde), ce qui signifie que le genre ne vaut rien. CQFD. N'oubliez pas de tailler les plumes en pointe avant de les ficher dans les yeux. Saupoudrez de goudron et d'un bon édredon éventré. Plongez dans la Vologne. C'est prêt.




Entretien : Simon Liberati revient sur sa garde à vue avec Beigbeder

Posté par Céline le 13.11.09 à 17:26 | tags : news, prix

Simon Liberati est le lauréat (contesté) du prix de Flore 2009. Rencontré lors de la Foire du livre de Brive, il revient pour Fluctuat sur sa relation avec Frédéric Beigbeder : son premier éditeur, créateur du prix de Flore, et désormais lauréat (contesté) du Renaudot...

 

Beigbeder et Liberati, c'est aussi la coke sur les capots de voiture et cette nuit de garde à vue qui donnera naissance au Roman Français de Beigbeder. "De la pure fiction", précise cependant Liberati au sujet des détails du livre autour de cet épisode, affirmant que tous deux furent cette nuit là des "prévenus absolument exemplaires"...

 

Entretien avec Simon Liberati sur fluctuat.net




Belles étrangères 2009 : entretien avec Colson Whitehead (2)

Posté par Céline le 13.11.09 à 14:10 | tags : news, festival
Passionné par la culture pop, les comics Marvel et Stephen King, Colson Whitehead se définit lui-même comme "un parfait stéréotype de la génération X".
 
Ses quatre romans, (L'Intuitionniste, Ballades pour John Henry, Apex, Sag Harbour), tous traversés par le thème de la discrimination raciale et de l'identité confuse de l'Amérique ont fait de lui l'une des voix importantes de la scène littéraire new-yorkaise.
A l'occasion du festival des Belles étrangères, dont il est l'un des invités, nous avons demandé à l'écrivain de revenir sur la genèse de son oeuvre et sa vision des Etats-Unis.
 
Rencontrez-le. Colson Whitehead sera notamment à Paris les 15 et 16 novembre pour des rencontres organisés dans des librairies, à l'EHESS et à la BPI (Plus d'infos).



Gilbert Hernandez explore l'enfer, comme au cinéma

Posté par 2goldfish le 13.11.09 à 10:31 | tags : bd

La constante des histoires de Palomar, c'est la communauté : l'auteur, Gilbert Hernandez, a passé des années à peupler sa ville de familles, certaines devenant de véritables dynasties au fur et à mesure des albums. L'Enfer est pavé de bonnes intentions s'inscrit de façon très tangentielle dans la saga : il s'agirait d'un film dans lequel Fritz, demi-soeur de Luba, joue un tout petit rôle (elle n'a qu'une ligne de dialogue et a surement été castée dans son rôle de prostituée pour sa poitrine énorme plus que pou ses talents d'actrices). Avec un autre dessinateur moins talentueux, on aurait simplement pu croire qu'il recyclait dans une histoire indépendante le dessin d'un personnage secondaire par manque d'imagination.

 

L'histoire de ce film/album, donc, c'est celle d'Empress, une petite fille abandonnée dans une décharge au milieux d'autres enfants quasi-sauvages et de prédateurs sexuels. Dès qu'un adulte l'approche, Empress croit que c'est son père, même lorsqu'il la viole. Elle se sortira de la décharge dans un second acte où sa vie est partagée entre une éducation intellectuelle donnée par un homme qui veut la sauver et ses propres pulsions qui la mènent dans les bas fonds de la ville, au milieu des putains. Dans le dernier acte, elle est mariée à un homme respectable dans une ville hantée par un tueur d'enfant. Autant vous le dire tout de suite, tout ça ne finit jamais bien. Dans la vision nihiliste d'Hernandez, Empress n'a aucune chance. On peut la sortir de la décharge mais on ne peut pas sortir la décharge d'elle. Empress est à l'opposé des personnages classiques de Palomar : elle n'a aucune attache, aucune place dans la société. C'est un personnage qui ne connait pas l'empathie parce qu'elle même est coupée de ses propres sentiments.

 

Ca pourrait n'être qu'une histoire scabreuse, et L'Enfer est pavé de bonnes intentions est certainement un exutoire aux pulsions les plus sombres d'Hernandez, mais on peut faire confiance à l'auteur pour donner une profondeur et une subtilité à son propos qui ne feront jamais de lui un pur artiste du "ça" à la Robert Crumb. Les années passant, on le compare de moins en moins à Gabriel Garcia Marquez et de plus en plus à David Lynch à cause d'une série de BD de plus en plus hallucinées, noires et dérangeantes. L'enfer... garde pas mal de ses qualités mais retrouve une structure plus classique à travers le prétexte du film dans la BD. Une bonne vieille tragédie en trois actes, c'est toujours efficace et ça semble avoir revigoré Hernandez qui dessine mieux que jamais. Pour reprendre la métaphore cinématographique, ses acteurs n'ont jamais été mieux dirigé. Chaque petite nuance dans leur expression faciale ou corporelle est parfaitement juste (allez, on pourra reprocher à Fritz de surjouer mais c'est son premier film). Chaque séquence est magistralement monté. Tout est fait pour donner un maximum de force à cette plongée dans les recoins les plus sombres de l'âme humaine.




Belles étrangères 2009 : focus sur... Andrew Sean Greer (1)

Posté par Céline le 12.11.09 à 11:09 | tags : news, festival, roman

Parmi les auteurs invités pour l'édition 2009 du festival des Belles étrangères, consacré à la littérature américaine, Andrew Sean Greer, auteur de deux romans très remarqués, mérite une attention particulière et fait ainsi l'objet de notre premier focus.

 

Nous en avions parlé au moment de sa sortie : L'histoire d'un mariage a révélé le jeune Andrew Sean Greer comme le virtuose d'un genre particulier : le suspense sentimentale. L'écrivain, qui vit à San Francisco, a choisi d'y installé le décor et les personnages de son roman à clé.

 

En bref. Dans l'Amérique étouffante des années 50, Pearlie et Holland s'efforcent de s'aimer. Mais Holland a un secret, qui s'érige entre eux comme un mur infranchissable. Le jour où survient Charles Drummer, "étranger tout sourire porteur de nouvelles grimaçantes", Pearlie comprend la lourde vérité et se voit proposer un marché indicible. Impossible de prévoir quelle sera la réaction de Pearlie : le principe du roman est que rien ne s'y passe jamais comme prévu (Lire la chronique de L'histoire d'un mariage).

Extrait. "Nous croyons connaître ceux que nous aimons. Nous croyons les aimer. Mais ce que nous aimons se révèle n'être qu'une traduction approximative, notre propre traduction d'une langue mal connue. Nous tentons d'y percevoir l'original, le mari ou la femme véritables, mais nous n'y parvenons jamais. Nous avons tout vu. Mais qu'avons-nous vraiment compris ?"

Rencontrez-le. Andrew Sean Greer sera notamment à Paris le 15 novembre : à 11h à la librairie écarlate, 16h à la librairie Les Cahiers de Colette, 17h à la Fondation Boris Vian... (Plus d'infos).






  Discussions en cours sur le forum livres :
Rechercher
Dans la boite
Ajouter à Netvibes Ajouter à Mon Yahoo! Ajouter à mon Google Ajouter ce blog à mes favoris Technorati! Abonnement Bloglines
Sources et amis
- La feuille (FR)
- Le Typographe (FR)
- Tourgueniev (FR)
- M. T. Louverture (FR)
- Tiers livre (FR)
- E®enews (FR)
- Blogs BD (FR)
- Lessig blog (EN)
- Buzz littéraire (FR)
- Culture Café (FR)
- Alalettre (FR)
- Zazieweb (FR)