Baltasar Gracián



Baltasar Gracián Vrai nom : Baltasar Gracián y Morales
Nationalité : espagnole
Naissance : 08 janvier 1601 à Belmonte
Mort le : 06 décembre 1658

Métiers : écrivain, Moraliste
Bien crédule est celui qui ne ment jamais, bien confiant celui qui jamais ne trompe.
Ajouter une citation de Baltasar Gracián - Consulter les 3 citations de Baltasar Gracián
Elevé par son oncle, Baltasar Gracián entre au collège jésuite de Saragosse en 1616 et devient novice en 1619. Il étudie la philosophie et la théologie, avant de devenir prêtre en 1627. Six ans plus tard, il entre dans la Compagnie de Jésus, et enseigne dans des écoles jésuites.
Il s’illustre en tant que prêcheur, rentrant parfois en conflit avec sa hiérarchie. Il est nommé en recteur de la Compagnie à Tarragona, et écrit trois de ses ouvrages les plus connus, « Le Héros », « Le Politique » et « L'Homme universel », qui sont autant de vade-mecum du bon usage à la cour et, plus généralement, en politique. « L’art de la prudence » s’inscrit dans la même veine. Contrairement au « Prince » de Machiavel, cet ouvrage n’a pas pour prétention d’enseigner l’art de gouverner à son lecteur : Gracián souhaite aider « l’homme nouveau », individualiste, dans sa vie et sa carrière.

Dès 1651 (date de parution du premier livre), Gracián publie son « Criticon », roman en trois parties, sans l’accord de sa hiérarchie. Cette négligence lui vaut d’être réprouvé par la Compagnie de Jésus.

Représentant du baroque, Gracián a influencé par ses maximes bon nombre d’auteurs, tels que La Rouchefoucault, et son « Criticon » a sans doute marqué la prose inventive et philosophique de Voltaire. Plus tard, c’est Nietzsche et Schopenhauer qui s’intéresseront de près à l’œuvre de l’écrivain et philosophe jésuite.

Personnalités associées à Baltasar Gracián

Personnalités Similaires La Rochefoucauld, Machiavel
Inspirations Voltaire, Friedrich Nietzsche, Arthur Schopenhauer

Baltasar Gracián : vos commentaires

Viktor (invité)   12 Février 2008 à 08:58   

Sur Baltazaz Gracián « Les moeurs politiques de l’Hexagone se complaisent depuis quand déjà ? dans les genres mineurs : vaudeville de manipulateurs manipulés, fabliau de l’impuissance de la volonté de puissance. Truquages et gaffes. Corbeaux, moules et veaux. Ministres dissimulateurs, journalistes tétanisés, suicide collectif. Un industriel allumé, un général piégé-piégeant, un juge abusant-abusé et un château fantôme. « Quand on ne se sent pas de taille à supporter, il faut se retirer au-dedans de soi-même, encore faut-il se supporter » : ces mots du jésuite Baltasar Gracián (1601-1658), gongoriste machiavélique, admiré par Mme de Sablé, Schopenhauer, Nietzsche et Jankélévitch, me touchent à vif. « Toute humeur est tumeur. Il y a des gens qui transforment tout en guérilla. Ils sont dangereux, chefs ou ministres, ils font du gouvernement une faction. Ils ont le sens faussé et le coeur gâté. Le seul moyen de gagner avec eux, c’est de les fuir aux antipodes. » Gare à qui veut moraliser. L’explosion du néant est sans frein, n’en déplaise aux déclinologues. Ces brouillages quotidiens appellent une concentration incisive. Baltasar, encore : « Au lecteur : que je te désire singulier ! » « Entre deux mots, il faut choisir le moindre ; et les mots et les sons, s’ils sont brefs, ne sont qu’un moindre mal. » Bon, l’époque redevient favorable à l’écriture serrée, vigilante. » » Qui est l'auteur de ce texte ? Julia Kristeva Quand ? Le dimanche 14 mai 2005 publié de Libération du 20 mai 2005. Et ceci : « Contre l’aplatissement et le moutonnement qui menacent [...], il s’agit donc de former des singularités irrécupérables. « Que je te désire singulier ! », dit Gracián, en commençant par un coup de maître, à 35 ans : « le Héros ». Suivront « le Politique », « l’Honnête homme » (« El Discreto »), « Oracle manuel », « Art et Figures de l’Esprit », tous écrits sous le nom de Lorenzo Gracián (prénom de son frère) pour ne pas trop choquer l’autorité de la Compagnie. On le rappelle à l’ordre ? Il continue de plus belle. Il est aussi insolite qu’insolent, [...]. A la fin de sa vie, encore un grand roman sous pseudonyme, le « Criticón » mais en même temps, sous son vrai nom de religieux, un « Art de communier », merveille de rhétorique mystique. En somme, une guerre incessante, avec l’énergie du diable au service de Dieu. C’est un Castiglione en plus profond, un Machiavel en plus affirmatif et lyrique. Il va être très lu, pillé, imité dans toute l’Europe. Il inspire les moralistes français (La Rochefoucauld), est traduit par Schopenhauer, trouve, évidemment, l’oreille de Nietzsche. « Les grands hommes ne meurent jamais », dit-il, et c’est vrai : il est là, paradoxalement, comme un auteur d’avenir (on dirait qu’il pense en chinois). Le monde est un néant, le néant est « beaucoup », mais le langage, en lui-même, est plus encore. Regardez, écoutez, ce qui a lieu dans « l’intense profondeur du mot ». « Le style est laconique, et si divinement oraculaire que, comme les écritures les plus sacrées, même dans sa ponctuation, il renferme des mystères. » « Signé Philippe Sollers C'est dans " Baltasar Gracián, héros ou saint ? ' sur le site en référence.

Ajouter un commentaire / Consulter le commentaire