La bombe et moi de Anna Rozen



Critique Lecteurs Votre note

Editeur : Le Dilettante  Année : 2008   Genre : roman



Deux, elles sont deux : elle et l’autre, la pauvre Elle et Autre-la-terrible. Miss Anna et Sister Bomb : allantes et offertes aux poids des regards ; l’une qui endure souffrance, l’autre qui en jouit dans l’instant ; l’une qui se tend et s’offre, l’autre qui se retient, s’affole ; l’épanouie et la rétractée. Siamoises et conflictuelles, elles ne sont d'accord sur rien : l’art de draguer, la valeur du string, conclure vite ou non. Et pourtant, il faut que l’une fasse avec l’autre et surtout avec le désir, ce « chien chinois sans poil » nous souffle la Bombe, le chihuahua pathétique qui s’enrhume, tremble et trottine. Elles vont donc ainsi : soudées, partageant les rencontres, les soirées moites et les salons du livre, les élans sans suite et les occasions perdues, sœurs de chaîne et copines comme cochons. Et puis un jour, coup de gueule : tout implose. La bombe s’éclipse. L’une a-t-elle mangé l’autre ou l’autre avalé l’une ?
Anna Rozen, face miroir, nous offre ses deux profils et nous assure d’une chose : le désir a les yeux vairons.



“ - Excuse-moi de n'être pas aussi décontractée que toi. - Pas "aussi" ? pas du tout, tu veux dire. - Toi, bien sûr, tu n'as aucun doute sur toi-même, tu es une bombe. Tu es fière de tes seins, de ton cul, de ta bouche, tu es même fière de ton intelligence. À un tel point de fierté, on pourrait croire que tout...
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