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Comment avez-vous réagi aux critiques très positives qui ont salué la sortie de votre premier roman, Les Confessions de Max Tivoli - je pense notamment à celle de John Updike, qui semble avoir un peu moins aimé L'histoire d'un mariage ? Ces critiques ont-elles affecté ou influencé votre travail par la suite ?
Quand Updike m'a comparé à Nabokov, naturellement, j'étais ravi, car c'est vraiment l'un de mes auteurs favoris et je l'admire beaucoup, pour cette façon qu'il a de prendre son lecteur par la main, de jouer avec lui. Je me retrouve tout à fait là-dedans. Jouer avec l'imagination du lecteur, le manipuler - oui, je considère que c'est mon travail d'auteur. Quand on lit un roman, on a envie de savoir qu'on est entre les mains de quelqu'un qui sait ce qu'il fait. Par ailleurs, les critiques sont toujours intéressantes mais une fois le livre écrit, on ne peut plus rien y changer, et on apprend à les laisser de côté.
J'ai eu l'impression, avec L'Histoire d'un mariage, de lire une sorte de roman sentimental à suspense. Vous retrouvez-vous dans cette définition ?
C'est exactement ce à quoi j'ai essayé d'arriver. Un roman capable de procurer des émotions, mais qui tienne le lecteur en haleine. Pour moi, c'est le meilleur compliment qu'on puisse lui faire. Ceux qui tiennent la littérature pour une chose sacrée, qui établissent une distinction précise entre divertissement et expression artistique, vont peut-être détester cette façon de voire les choses. Cela dit, le livre a plutôt été très bien accueilli aux Etats-Unis. Les gens ont ressenti l'émotion, l'intensité de l'histoire, mais ils ont aussi été séduits par ses qualités dramatiques.
Pour plusieurs raisons, je pense que votre livre ne serait pas facile à adapter au cinéma.
Je partage cet avis. Les droits en ont été vendus, pourtant. J'ignore ce que le réalisateur va en faire.
Vos romans ont l'air de séduire l'industrie cinématographique. Ils ont ce côté très visuel, malgré l'introspection.
Oui. Mon précédent roman, Les Confessions de Max Tivoli, est sorti pendant que les gens de Hollywood commençaient à plancher sur le script de L'Etrange histoire de Benjamin Button. Les deux histoires étaient si proches qu'ils ont voulu racheter les droits du livre histoire de se prémunir contre d'éventuels problèmes. Mais j'ai refusé. Vendre ces droits, c'était faire une croix sur une adaptation de mon roman.
Revenons à L'Histoire d'un mariage : le thème du parc d'attraction semble vous être particulièrement cher.
Les parcs symbolisent la peur, et la liberté. Ils offrent une entrée dans un monde à la fois merveilleux et terrifiant. Il y a quelque chose de très érotique dans un train fantôme. On rentre à deux dans l'obscurité, on s'accroche l'un à l'autre...
Avez-vous voulu écrire un roman sur les minorités américaines ? Avez-vous le sentiment que leur situation a autant évolué qu'on veut bien le dire ?

Un mot sur votre prochain roman ?
Ce devrait être un livre sur le voyage dans le temps.
Propos recueillis par Fabrice Colin
Photo © Jerry Bauer
Sur Flu :
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