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maria (invité)
le 17 Octobre 2008 à 15:16 Ici en France, le roman ne passionne pas beaucoup. C'est peut-être le rôle pas franchement honorable tenu par les français qui d'une part n'a rien fait pour leur venir en aide. Sans doute préfèraient-ils ne pas avoir un pays communiste pour voisin. D'autre part, les fuyards républicains se faisaient arrêter et emprisonner dans des camps. Je ne sais pas si les français savent que les espagnols exilés chez nous ont été très actifs pendant la deuxième guerre mondiale.
Très beau livre. Moi aussi j'ai été très émue, surtout lorsqu'elle parle d'aubergines, d'huile d'olive et de tortillas
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Véro (invité)
le 25 Septembre 2008 à 13:09 J'ai eu l’occasion de me rendre en Espagne récemment où j’ai rencontré toute ma famille. Je l'ai littéralement assommée de questions. En lisant ce roman je me suis aperçue que je connaissais mal notre passé, comment nos ancêtres avaient vécu cette guerre, quelles en avaient été les conséquences... Un de mes cousins s’était déjà penché sur le sujet depuis longtemps et m’a appris que j’obtiendrais difficilement des explications des oncles et tantes très divisés sur la question. Finalement, s'ils ont tout perdu –terres, usines, etc.- ils s’en tirent bien compte tenu des massacres qui se sont perpétrés pendant cette guerre atroce.
Une guerre, en soi, c’est déjà atroce. Une guerre civile, c’est pire… pour peu qu’on considère qu’il existe une échelle de valeur sur la manière de mourir et la raison pour laquelle on meure ! Les Espagnols ont beaucoup de mal à se remettre de cette guerre qui a été particulièrement violente, tristement célèbre comme théâtre de multiples exactions (elle a vu en particulier les premiers bombardements terroristes sur les civils, des massacres spontanés de suspects, d’hommes d’Eglise ou de membres des classes moyennes et dirigeantes par des anarchistes et des communistes dans les mois qui ont suivi la sédition militaire, tandis que le nouvel Etat nationaliste s’est construit à travers la terreur et l’épuration systématiques. En particulier, les franquistes ont refusé toutes les propositions adverses de compromis et ont poursuivi longuement, après leur victoire, une répression de masse d’une rigueur et d’une durée particulièrement terrifiantes). Depuis quelques années différentes associations républicaines militent pour la réhabilitation des victimes du franquisme, raison pour laquelle Zapatero a lancé en 2006 un projet de loi à ce sujet. Je ne sais pas trop où ils en sont, je sais que le projet était très controversé, fort critiqué aussi bien par les partis de droite que par les pro-républicains : l’opposition conservatrice accusait Zapatero de vouloir se servir de l’histoire dans un but partisan, avec des bons et des méchants, quant aux autres, ils considéraient qu’il n’en faisait pas assez (le gouvernement a en effet exclu de satisfaire l’une de leurs principales revendications : l’annulation des jugements sommaires prononcés par les tribunaux franquistes contre des dizaines de milliers de républicains après la victoire nationaliste en 1939). Un vrai merdier !
J’ai discuté avec un libraire barcelonais de ce roman –le cœur glacé- qui s’est vendu comme des petits pains ; il m’expliquait que les livres parlant de la guerre et de la post-guerre ont envahi les rayons depuis quelques années. Les Espagnols ont toujours autant de difficultés à exprimer leurs sentiments sur le passé et ces livres les purgent véritablement de la peur et de la douleur qui n’a pas disparu complètement ; si ceux-ci fonctionnent aussi bien, c’est qu’ils purifient, d’une certaine façon, l’âme des Espagnols !
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