La nécessité première de mes livres a été de dire mon amour pour le peuple juif, de dire sa grandeur. ”
Albert Cohen voit le jour à Corfou, île grecque dont sa famille sera chassée par un pogrom. Il habite ensuite à Marseille où il se liera d'amitié avec
Marcel Pagnol. Il étudie le droit à Genève et devient citoyen suisse en 1919. Cohen publie
Paroles juives, un recueil de poèmes. Il écrit ensuite des romans (
Solal et
Mangeclous) qui sont des épopées comiques évoquant la vie de Juifs sur l'île grecque de Céphalonie. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, il est conseiller juridique du Comité intergouvernemental pour les réfugiés (aujourd'hui Haut Commissariat pour les réfugiés). Ensuite, il sera directeur dans une institution des Nations Unies. En 1968,
Belle du Seigneur, son roman le plus connu, remporte le Grand Prix de l'Académie française. Dans ce roman, il oppose la médiocrité des fonctionnaires et la démesure d'un amour passionné. Ses derniers écrits, ainsi que
Le Livre de ma mère, sont autobiographiques. Il meurt à Genève à l'âge de 86 ans. Deux articles qu'il avait écrit pendant la guerre sont parus récemment :
Écrits d'Angleterre (2002) et
Salut à la Russie (2003). Ce dernier était paru en 1942 dans la revue française de Londres
La France libre afin de rendre hommage aux combattants. La condition juive est l'un des thèmes fondamentaux de l'œuvre d'Albert Cohen ainsi que la lutte individuelle contre une société malade de sa bureaucratie et de sa bourgeoisie. Son obsession de la mort est également présente dans nombre de ses textes.