On a tendance à voir dans
La Peste de
Camus une métaphore du nazisme qui s’empare de la cité (au sens platonicien), certains décidant de s’y opposer (Rieux et Tarrou symboliseraient la résistance), d’autres choisissant d’en profiter (à l’instar de Cottard). Si cette interprétation est valable en soi, il est peu pertinent de réduire ce roman à cette unique grille de lecture.
La Peste est en effet un classique du roman existentialiste, et c’est, de façon plus générale, essentiellement de la condition humaine et de la profonde absurdité de l’existence dont il est question ici. Beaucoup se sont basés à ce titre sur une référence au
Procès de
Franz Kafka au début du roman pour rapprocher les deux styles des deux écrivains. Effectivement, on note parfois une similitude de ton, les phrases de Camus pouvant être, par leur simplicité, interprétées de façons radicalement différentes.
Ainsi, plus qu’un calque simpliste de l’occupation nazie,
La Peste incarne cette absurdité inhérente à la notion même d’existence, et Camus présente les diverses réponses que le genre humain peut trouver face à cette absurdité.
Ce roman marqua le début de la célébrité de Camus auprès du grand public.
Le 24 janvier 2008