Alan Moore



Alan Moore Nationalité : anglaise
Naissance : 18 November 1953 à Northampton
Age : 55 ans
Métiers : Scénariste de cinéma, Auteur BD
Sous ce masque il y a plus que de la chair. Sous ce masque il y a une idée, Monsieur Creedy ! Et les idées sont à l'épreuve des balles. (V pour Vendetta)
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A dix-sept ans Alan Moore, lycéen hippie féru de bédé underground, est exclu du système scolaire britannique pour avoir dealé de l’acide, il n’a plus qu’a aller travailler dans les abattoirs. Il s’implique dans des fanzines de poésie pour lesquels il écrit et dessine un peu, il participe à des performances… Quand en 1974 il apprend qu’il va être père, il plaque tout pour devenir dessinateur de comics à plein temps, se disant qu’il n’a plus que quelques mois pour tenter de réaliser son rêve avant de devoir devenir sérieux.

Anarchy in the UK

Au début des années 1980, après quelques années en tant que dessinateur de presse, Alan Moore devient scénariste pour d’autres quand il réalise qu’il ne parviendra jamais à dessiner lui même les space operas qu’il imagine.
Il crée entre autres deux séries pour le magazine Warrior. Dans Marvelman, dessiné par Alan Davis, Moore applique la méthode « déconstructrice » qui le rendra célèbre à un super héros oublié tandis que V pour Vendetta dessiné par David Lloyd est une charge anti-Thatcherienne dans laquelle un anarchiste portant un masque de Guy Fawkes met à bas une Angleterre futuristique orwellienne.

Ces travaux permettent à Moore de se faire remarquer de l’autre côté de l’Atlantique et l’éditeur DC Comics le convie à reprendre Swamp Thing, un titre d’horreur ringard. Moore en fait un comic book fantastique intelligent, expérimental et politique, loin des enfantillages super héroïques habituels.

La popularité de Swamp Thing fait de Moore un auteur très demandé et on lui permet de reprendre V pour Vendetta et Marvelman restés inachevés après l’arrêt de Warrior. L’éditeur concurrent Marvel s’oppose à l’usage du nom Marvelman et le personnage sera renommé Miracleman. Moore décide qu’il ne travaillera plus jamais pour Marvel.

 

L’amour fou sans DC

En 1986 Alan Moore scénarise Watchmen pour le dessinateur Dave Gibbons. Il y démonte à nouveau le mythe du super héros cette fois dans un scénario d’une complexité et d’une profondeur insondable. Watchmen touche un public bien plus large que celui des comics de super héros.
Une série de disputes avec DC Comics sur la propriété intellectuelle des personnages et la censure de Swamp Thing feront cependant que Moore refusera désormais de travailler avec eux par la suite. Alan Moore ne peut plus travailler avec aucun des deux géants du comic book américain, il décide donc d’abandonner les super héros et de se lancer dans l’autopublication.

A la fin des années 1980 et au début des années 1990 Alan Moore engloutira toute la fortune gagnée avec Watchmen dans Mad Love Publishing. Il entamera quelques uns de ses plus ambitieux travaux : A Small Killing avec Oscar Zaraté, Big Numbers avec Bill Sienkiewicz (malheureusement inachevé), From Hell avec Eddie Campbell et Lost Girls (Filles Perdues) avec Melinda Gebbie.

La faillite de Mad Love force Moore a retourner aux super héros au milieu des années 1990. Heureusement pour lui un nouvel éditeur a fait surface, Image Comics, et il paye bien. Moore produit des travaux peu mémorables pour eux, on retiendra toutefois Supreme, une recréation nostalgique de Superman très réussie.

 

Magie, depuis l’enfer

En 1993 Moore annonce dans les pages de Cerebus son intention de devenir magicien. Plutôt que Gérard Majax, son modèle est le mystique Aleister Crowley et les travaux de Moore porteront désormais la marque de ses idées ésotériques sur… les idées et le pouvoir de l’esprit. Son premier roman La voix du feu, paru en 1996, mêle une analyse psycho-géographique et historique de Northampton et son goût nouveau pour le mysticisme.

Il crée aussi The Moon and Serpent Grand Egyptian Theatre of Marvels, une troupe avec laquelle il monte des spectacles multimédia ésotériques.

From Hell, qui tente une approche holistique des meurtres de Jack l’Eventreur, paraît enfin intégralement en 1999 chez un éditeur indépendant et c’est un nouveau sommet de la carrière de Moore, au moins l’égal de Watchmen.

La même année Moore se lance dans un projet fou pour Wildstorm, une branche d’Image Comics : America’s Best Comics, toute une ligne de comics semi-super-héroïques scénarisés par Moore seul et qui s’avère à la hauteur de son nom prétentieux. Il y crée les comic books Top Ten, La Ligue des gentlemen extraordinaires, Tom Strong et Tomorrow Stories. Sa création la plus intéressante pour ABC est cependant Promethea, une sorte de Wonder Woman dont il se sert pour exposer ses théories sur la magie et la kabbale. Tous les autres titres, bien qu’avant tout d’agréables divertissements légers, cachent cependant sous la surface l’application des dites théories.

Juste avant le lancement de la ligne ABC, le studio Wildstorm est racheté par DC Comics. Alan Moore enrage mais ne peut plus annuler, il ronge son frein quelques années.

 

Alan Moore contre le Cinéma

Au milieu des années 2000 les créations de Moore font l’objet d’adaptations cinématographiques toutes ratées : From Hell, La Ligue des Gentlemens Extraordinaires, Constantine, V pour Vendetta et bientôt Watchmen. Après avoir accepté les chèques sans broncher pendant quelques années, une dispute à propos de V pour Vendetta le mène à refuser que son nom apparaisse à l’écran de ce film et des prochains et à refuser les royalties des films dont il ne pourra pas empêcher la production. Il réaffirme son vœu de ne plus travailler avec DC et met un terme à la ligne ABC avec la parution de The Black Dossier, un magistral complément à La Ligue.

En 2006 il publie aussi finalement Lost Girls, sa tentative de produire une œuvre pornographique digne et intellectuelle. Il épouse l’illustratrice Melinda Gebbie dans la foulée.

Aujourd’hui Moore prépare de nouveaux épisodes de la Ligue chez l’éditeur de From Hell, un second roman et un « manuel de magie » qui s’annonce fou et grandiose, comme à peu près tout ce qu’Alan Moore dit et fait.

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