Tu n'écriras point de Alain Satgé



Critique Lecteurs Votre note

Editeur : Seuil  Année : 2003   Genre : Roman



Un homme retourne sur les lieux des vacances de sa jeunesse. La grande maison familiale, le village près de Carcassonne, sont aussi le lieu de son premier, décisif et définitif amour - celui qu'il n'a pas su garder, celui dont le deuil accompagnera, hantera toute sa vie. Il apprend qu'on y attend, précisément, le passage de celle qui, autrefois, telle l'Albertine de Proust, « est partie ». Doit-il la revoir, aujourd'hui mariée, ou bien fuir ? Il interroge ses souvenirs, examine, avec cruauté, sa vie à la lumière de cet échec inaugural. En même temps qu'il revit en imagination les épisodes d'une passion adolescente, qu'il a été incapable de prendre au sérieux, remonte la mémoire d'une époque disparue. Comme il se doit, ce passé a deux « côtés » : la culture cosmopolite des années 70, la découverte, qu'il fit en compagnie de « la fugitive », de la musique, du théâtre, des livres, leurs voyages passionnés à Bayreuth ou Avignon ; à quoi s'oppose le monde traditionnel de leurs familles, militaire, terrien, catholique, colonial.
« Mademoiselle Albertine est partie!» Juin 1986: dix ans après le départ de son « Albertine», le narrateur de ce livre revient sur les lieux de la disparition. Il retrouve son Midi, son village des Corbières, et sa maison familiale, comme si rien - ou presque - n'avait changé... lorsque s'annonce le retour de la Fugitive. Doit-il l'attendre? Doit-il, à son tour, la fuir? Il consulte les vieux livres de chevet (Proust bien sûr, qui semble l'inviter à retrouver le temps, nais aussi la comtesse de Ségur), ces livres que sans doute il n'a pas su lire, puisqu'il découvre (un peu tard...) qu'ils auraient pu lui servir de conseillers, de guides, voire d'oracles; et il interroge des images: sept cartes postales oubliées, représentant le village d'autrefois, qu'il recompose comme les morceaux d'un impossible puzzle, dans l'espoir qu'elles lui racontent à nouveau une histoire qu'il n'a toujours pas comprise. Ce voyage dans le temps le replonge au milieu des années 70: l'époque où Bayreuth célébrait son centenaire, et où les metteurs en scène revisitaient - magnifiquement, et sarcastiquement - les oeuvres du passé. L'époque où régnaient le « second degré», l'esprit critique, l'ironie - celle d'une génération stérilisée à la fois par sa culture et son ironie. Au radical défi de Kafka, « Dieu ne veut pas que j'écrive, niais je sais que je dois écrire», comment répondre aujourd'hui ?


philippe guitard (invité)  le 02 Mai 2008 à 11:01  

Il y a longtemps que j'ai lu ce livre, mais ce qu'il m'en reste c'est que l'on est roi entre 15 et 25 ans, meme en imitant les cris d'animaux, mais qu'apres, on ne cherche plus qu'a justifier son existence en cherchant les raisons de sa decheance.. :( Allez Alain, il reste quelques eclats de vie quand meme au cours de la longue chute... :) Ne serait ce que ces souvenirs du Pain perdu... :) Ciao ciao...