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Mlle Muriel (invité)
le 23 Septembre 2008 à 01:37 Je viens de de terminer « Le marché des amants ».
Je suis consterné par le torrent d'insultes boueuses et par les "procès de Moscou" qu'on intente à Christine Angot. Non seulement elle est assurément un des écrivains les plus incontournables et important de sa génération, mais sa singularité littéraire déborde ce cadre générationnel pour peser sur tout le siècle.
La critique nous explique, après l'avoir à raison portée au pinacle, que Christine a égarée son style. Cette désaffection, absolue lâcheté, est un effet classique de l'inconstance germanopratine qui, incapable de suivre certaines fulgurances, préfère jouer les iconoclastes. La réalité est plus simple : ce dernier roman est l'aboutissement d'une quête stylistique, la somme d'une vie d'écriture (que j'espère encore longue), une œuvre synthèse et manifeste à la fois, une œuvre qui nécessairement fera date dans l'histoire du roman contemporain puisque elle marque un changement d'ère littéraire, ce que ne peut admettre cette critique aux yeux crevés par sa propre suffisance.
Je pourrais m'épuiser en superlatif ; tache vaine. Je conclurais plutôt sur une double interrogation dont les évidentes réponses chasseront telle une brise marine les nuées nauséabondes d'une critique inconstante et mesquine :
- N'est-il pas curieux que ce désamour soudain éclate quand C. Angot nous relate son histoire avec Doc Gyneco, chanteur talentueux et sulfureux certes, mais aussi supporter de N. Sarkozy et dont le fils justement produit le prochain album. Angot qui s'occupe de littérature et non de politique ne fait-elle pas les frais d'une critique moins préoccupée de créativité littéraire que de politique ?
- Ne faut-il pas aussi s'étonner de ce curieux désaveu critique quand, à côté de cela, F.O.G., journaliste de conviction, esprit indépendant, polémiste distingué et lecteur émérite, invite C. Angot dans son émission (d'une qualité rare) et y fait état publiquement, quand rien ne l'y oblige, de son appréciation très favorable sur « Le marché des amants »? Monsieur F.O.G se tromperait-il ? mentirait-il ?
Une seule inquiétude. La barre a été placé si haut avec ce nouveau roman que je crains presque d'être déçus par le prochain... Mais Christine Angot, comme toujours, sera là où on ne l'attend pas pour nous surprendre encore.
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