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Avant de commencer, précisons que je ne suis pas un fan de Thriller. Je ne me suis jamais reconnu dans ce genre gratuitement macabre, souvent viriloïde et parfois technophile. Mieux, je me suis demandé souvent ce qui pousse les gens à acheter ce type de littérature de nos jours, surtout quand des séries américaines comme 24 heures chrono semblent avoir fait le tour de la question de manière bien plus agressive et efficace. Alors, qu'est-ce qui nous pousse à acheter et lire des thrillers en 2008 et plus généralement, qu'est-ce qui fascine encore dans ce genre surcodifié à la limite du cliché ? Est-ce le goût du frisson facile ? Est-ce l'inévitable suite de rebondissements prévisibles ? La certitude de se retrouver du côté des bons, du héros sans peur et sans reproche, face à des méchants très méchants ? Peut-être. Dans ce cas, je vous déconseille les livres d'Adrian McKinty.
En effet si les romans de l'auteur irlandais expatrié dans le Colorado, ne sont pas exempts des codes cités ci-dessus, McKinty ne s'embarrasse pas pour autant de politiquement correct. Le Le Fleuve Caché et surtout Le Fils de la Mort qui nous occupe ici, ne correspondent que de très loin à la description des thrillers faite ci-dessus. A la rigueur, on garde la virilité, on vire la morale. Les « héros » de McKinty ont cependant tous un point commun, il traîne la mort violente derrière eux comme un boulet, et malheur à qui les aime.
Alors qu'il est généralement prévisible et distille de l'émotion sans risque, le thriller rassure finalement plus qu'il n'angoisse. Dans Le Fils de la Mort, McKinty joue allègrement avec les codes du genre et impose l'inéluctabilité de la conclusion comme une sentence auquel le lecteur sait qu'il n'échappera pas. A la fois respectueux et carrément nihiliste, l'irlandais fini par fasciner même le lecteur d'ordinaire indifférent. Chez McKinty, pas de bons et tout le monde meurt, ou presque, et même si l'auteur n'échappe pas aux invraisemblances inhérentes au genre (on pense à l'évasion acrobatique du héros qui se découvre contorsionniste pour l'occasion ou à l'aveu d'amour expiré dans un dernier souffle), il réussi a parer ses personnages d'assez de profondeur et d'humanité pour que l'on se penche avec plaisir pendant une poignée d'heures sur le destin des protagonistes du Fils de la Mort au titre si maladroit.
Inévitablement voué à la tragédie, le double jeu de Michael Forsythe l'entraîne bien sûr plus loin qu'il n'aurait voulu, et on se dit que dans le contexte actuel de paranoïa des Etats-Unis, les terroristes semblent finalement bien inoffensifs comparés aux méthodes des tenants de « l'ordre ».
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